07/04/2013

Un Waterlootois a failli devenir pape … il y a un siècle

Un Waterlootois a failli devenir pape … il y a un siècle. Une information de ZoomRégion.

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Château de Waterloo.jpg

 

 ci-dessus  >>> l'ancien château de Waterloo et le Parc Jules Descampe

 

Le waterlootois Yves Vander Cruysen nous rappelle qu'un Waterlootois a failli   devenir pape … il y a un siècle ! Un récit évoqué dans son ouvrage "Curieuses histoires des aventures belges" paru en 2011 aux éditions Jourdan :

 

Qui entre pape en conclave en ressort cardinal. Cette maxime s’est avérée exacte, il y a tout juste un siècle, pour un enfant de Waterloo, Rafaël Merry del Val. A la fin du XIXème siècle, il habitait le Château de Waterloo que louaient ses parents. S’il ne porta jamais la tiare pontificale, il fut tout de même cardinal à 38 ans et Secrétaire d’Etat du Vatican de 1903 à 1914. Il est enterré parmi les papes et fait, pour l’heure, l’objet d’un procès en béatification…

 

Né à Londres le 10 octobre 1865, Rafaël Merry del Val y Zulueta Wilcox était le fils d’un diplomate espagnol, ayant également du noble sang écossais et irlandais dans les veines. Il quitta l’Angleterre en 1878 pour rejoindre la Belgique. On retrouve sa trace parmi les élèves des collèges jésuites de Namur et de la capitale. Ses parents, amis du Roi Léopold II s’installèrent au château de Waterloo, loué à la Compagnie Immobilière de Belgique. L’adolescent y passera ses week-ends et vacances.

 

Sa carrière religieuse fut rapide. En 1885, il rejoint Rome, y fréquentant les institutions pontificales. Un an plus tard, il est docteur en Philosophie. En 1891, il obtient les diplômes de docteur en Théologie et de licencié en Droit canon. Entretemps, le 30 décembre 1888, il était ordonné prêtre et affecté à l’accompagnement religieux des expatriés anglais à Rome. Ses capacités linguistiques, son carnet d’adresses dans l’aristocratie font qu’il est très vite remarqué par la curie. Il devient ainsi secrétaire du nonce apostolique pour l’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie.

 

Sa réputation parvient même aux oreilles du Pape Léon XIII. Le 31 décembre 1891, il est ainsi nommé « camérier secret participant ». Il devient son proche conseiller pour tout ce qui a trait à la situation religieuse dans les pays anglophones. Il est ainsi envoyé en missions en Angleterre, au Canada. Il représente aussi le Saint-Père aux festivités organisées pour le jubilé de la Reine Victoria, puis au couronnement du Roi Edward VII et participe à la rédaction de l’Encyclique recommandant aux chrétiens d’Angleterre l’unité de la foi. Pour son dévouement, pour ses compétences aussi, le Pape le nomme à la tête de la très prestigieuse Académie des nobles ecclésiastiques et le consacre évêque. Il n’a pas trente-cinq ans !

 

Léon XIII meurt le 20 juillet 1903. Réunis en conclave, les cardinaux vont choisir Merry del Val pour assumer la tâche de secrétaire du conclave. Il va y jouer un rôle historique. Car, contre toute attente, c’est le cardinal Giuseppe Sarto, Patriarche de Venise qui reçoit le vote de ses pairs. L’homme est décontenancé ; il a du mal à accepter la tâche. Il s’est même isolé dans la chapelle Pauline qu’on appelle, depuis lors, la chambre des larmes. Il a même l’intention de refuser la mission. Et c’est, à la demande du cardinal-doyen, Merry del Val qui va trouver les mots pour le convaincre d’accepter la tiare.

 

Devenu ainsi pape, Pie X en fait son ami et son bras droit. Merry del Val reçoit la fonction de Secrétaire d’Etat du Vatican dès le mois d’août 1903. Trois mois plus tard, le 9 novembre 1903, il est élevé au rang de cardinal. Pie X , dans ses déclarations, le décrit comme un homme supérieurement intelligent, d’une grande humilité, doté d’un sens diplomatique presque inné. Il le considère comme un confident et un … saint homme. Tous les matins, les deux hommes se rencontrent pour analyser l’actualité du monde. Le jeune cardinal se voit aussi confier des missions délicates, telle la gestion de la rupture du Concordat en France. Nommé Camerlingue du Sacré Collège des Cardinaux, c’est Merry del Val qui, le 20 août 1914, fermera les yeux de Pie X. Dans ses mémoires, il raconte cet instant émouvant.

 

Il n’écrit par contre rien du conclave qui va suivre. Il est pourtant le « papabile » le plus cité. Mais, comme le dit la maxime, qui entre pape en conclave en ressort cardinal. Et c’est Giacomo della Chiesa qui, contre toute attente, va recevoir la tiare pontificale sous le nom de Benoît XV.

 

Les deux hommes se respectent… mais sans plus. Merry del Val perd sa charge de Secrétaire d’Etat. Cardinal camerlingue, préfet du Saint Office, Archiprêtre de la Basilique Saint-Pierre, participant encore à l’élection de Pie XI, il va rentrer dans l’ombre de la Curie, humblement, consacrant son temps à la prière et toute son énergie à la béatification de Pie X.

 

Le 26 février 1930, il est victime d’une violente crise d’appendicite. Il meurt, à peine âgé de 64 ans. Il est enterré dans la grotte vaticane … aux côtés des papes et des grands prélats. Tout près de Pie X, devenu Saint grâce à lui. Et du tombeau de Saint-Pierre. C’est dire l’importance qu’il revêt aux yeux de l’Eglise. D’ailleurs, un procès en béatification est ouvert depuis le 26 février 1953. Et, régulièrement, des hommages lui sont rendus. On le considère comme le meilleur secrétaire d’Etat qu’ait eu le Vatican. Même le cardinal Sodano, l’actuel Doyen du Collège des Cardinaux et qui occupa jadis la même fonction l’a un jour affirmé, insistant sur les liens qui existaient entre le Saint-Père et ce saint homme.

 

avec l'aimable autorisation de ZoomRégion

rafaël merry del val

 

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